Consignation électrique : les 5 étapes selon la NF C18-510
La consignation électrique est la seule façon de travailler hors tension en toute sécurité sur une installation. Couper un disjoncteur ne suffit pas : tant que l'organe de coupure peut être réarmé, qu'une source peut réalimenter le circuit ou qu'aucune vérification n'a été faite, le risque d'électrisation demeure. La norme NF C18-510 décrit précisément les opérations à enchaîner. Voici la méthode, les rôles de chacun et le matériel nécessaire.
Qu'est-ce que la consignation électrique ?
La consignation électrique regroupe l'ensemble des opérations destinées à mettre une installation hors tension et à la maintenir hors tension pendant toute la durée d'une intervention. Son objectif : qu'aucune remise sous tension, volontaire ou accidentelle, ne puisse surprendre la personne qui travaille sur l'ouvrage.
Il ne faut pas la confondre avec la simple mise hors tension. Mettre hors tension consiste à ouvrir un appareil de coupure. Consigner va beaucoup plus loin : l'appareil est verrouillé dans sa position ouverte, l'installation est identifiée, l'absence de tension est vérifiée et, si nécessaire, les conducteurs sont mis à la terre et en court-circuit. Pour bien distinguer les termes, lisez notre guide consignation ou condamnation : quelle différence ?
Ce que disent la réglementation et la NF C18-510
En France, les opérations sur les installations électriques sont encadrées par le Code du travail (articles R.4544-1 et suivants). Ces textes imposent notamment que les travaux soient en principe réalisés hors tension et que les intervenants soient habilités par leur employeur pour les opérations qu'ils effectuent.
La norme NF C18-510, publiée en 2012 et complétée depuis par un amendement, est le document de référence pour les prescriptions de sécurité électrique. Elle définit les opérations de consignation, les niveaux d'habilitation et les documents qui accompagnent l'intervention. Pour les autres énergies (mécanique, hydraulique, pneumatique…), le guide INRS ED 6109 « Consignations et déconsignations » complète utilement ce cadre. Retrouvez ces références sur notre page normes et réglementation.
Les 5 étapes de la consignation électrique
La NF C18-510 décrit une suite d'opérations à réaliser dans l'ordre. Sauter une étape revient à travailler sur une installation qui n'est pas réellement consignée.
- La séparation. L'ouvrage est séparé de toutes ses sources d'alimentation, y compris les sources secondaires souvent oubliées : groupe électrogène, onduleur, batterie, panneaux photovoltaïques, retour par un autre départ. La séparation doit être certaine : on utilise un appareil dont la position d'ouverture est fiable (sectionneur, interrupteur-sectionneur, disjoncteur apte au sectionnement, retrait de fusibles).
- La condamnation. Chaque organe de séparation est bloqué en position ouverte par un dispositif mécanique, puis verrouillé par un cadenas de consignation, et signalé par une étiquette de consignation qui indique qu'il ne doit pas être manœuvré. C'est l'étape où interviennent les bloque-disjoncteurs et dispositifs de condamnation électrique.
- L'identification. Sur le lieu de travail, on s'assure que l'ouvrage sur lequel on va intervenir est bien celui qui vient d'être séparé et condamné. Schémas à jour, repérage des câbles et des départs : l'identification évite l'erreur classique de consigner le mauvais circuit.
- La vérification d'absence de tension (VAT). L'absence de tension est vérifiée sur chacun des conducteurs, au plus près du lieu de travail, avec un vérificateur d'absence de tension adapté. Le bon fonctionnement du VAT est contrôlé avant et après la mesure. Exemple de matériel : le vérificateur d'absence de tension CA740N.
- La mise à la terre et en court-circuit (MALT-CCT). Les conducteurs sont reliés à la terre et court-circuités entre eux. Cette opération est systématique en haute tension. En basse tension, elle est requise lorsqu'il existe un risque de tension induite, de réalimentation ou de charges résiduelles (condensateurs, grandes longueurs de câbles).
Une fois ces opérations terminées, le chargé de consignation remet au chargé de travaux une attestation de consignation : c'est à partir de ce moment seulement que les travaux peuvent commencer.
Qui fait quoi : chargé de consignation, chargé de travaux
La consignation repose sur des rôles clairement définis, chacun associé à un niveau d'habilitation :
| Rôle | Habilitation (basse tension) | Missions principales |
|---|---|---|
| Chargé de consignation | BC | Réalise la consignation (séparation, condamnation, VAT, MALT-CCT), délivre l'attestation, effectue la déconsignation. |
| Chargé de travaux | B2 / B2V | Reçoit l'attestation, organise le chantier, délimite la zone, s'assure que son équipe peut intervenir en sécurité. |
| Exécutant | B1 / B1V | Réalise les travaux sous la direction du chargé de travaux. |
| Chargé d'intervention | BR | Peut, dans le cadre d'interventions BT générales, réaliser sa propre consignation. |
En haute tension, on retrouve une logique équivalente avec les habilitations de la famille H (HC pour le chargé de consignation). Nos kits EPI pour consignation électrique sont composés en fonction de ces habilitations (kits BC, BR, BS, BT).
La déconsignation : remettre sous tension sans risque
La déconsignation est l'opération inverse, et elle est tout aussi encadrée. Elle ne commence qu'après l'avis de fin de travail transmis par le chargé de travaux, qui confirme que le personnel s'est retiré et que l'ouvrage peut être remis sous tension.
- Retrait des dispositifs de mise à la terre et en court-circuit.
- Retrait des cadenas, dispositifs de condamnation et étiquettes.
- Remise sous tension par le chargé de consignation, selon une procédure établie.
Notre page dédiée détaille la procédure de consignation et de déconsignation électrique.
Le matériel de consignation électrique
Une consignation électrique fiable s'appuie sur un équipement adapté à chaque organe de coupure :
- Cadenas de consignation à corps isolant (diélectrique) et anse non conductrice si besoin, avec clé unique par intervenant.
- Bloque-disjoncteurs pour disjoncteurs modulaires, boîtiers moulés et disjoncteurs moteurs.
- Dispositifs pour prises et fiches, interrupteurs muraux et porte-fusibles.
- Moraillons lorsque plusieurs personnes doivent condamner le même point (voir notre guide sur la consignation multiple).
- Étiquettes de consignation pour identifier l'intervenant et la date.
- Vérificateur d'absence de tension et EPI : gants isolants, écran facial, tapis.
- Consignation électrique
- Cadenas de consignation
- Kits de consignation
- Kits EPI électricien
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Qui peut réaliser une consignation électrique ?
En basse tension, la consignation est réalisée par un chargé de consignation titulaire de l'habilitation BC (HC en haute tension). Un chargé d'intervention BR peut, dans le cadre de ses interventions, consigner pour son propre compte.
Couper le disjoncteur suffit-il à consigner ?
Non. Ouvrir un disjoncteur est une simple mise hors tension. La consignation exige en plus la condamnation de l'appareil en position ouverte avec un cadenas, l'identification de l'ouvrage, la vérification d'absence de tension et, si nécessaire, la mise à la terre et en court-circuit.
La vérification d'absence de tension est-elle obligatoire ?
Oui. La VAT fait partie des opérations de consignation : elle se fait au plus près du lieu de travail, sur chaque conducteur, avec un vérificateur d'absence de tension dont le bon fonctionnement est contrôlé avant et après la mesure.
Quel cadenas utiliser pour une consignation électrique ?
On utilise un cadenas de consignation réservé à cet usage, de préférence à corps isolant, avec une clé unique conservée par l'intervenant, et accompagné d'une étiquette de consignation.
Cadenas de consignation
Kit de consignation
Boite de consignation
Epi électricien