Consignation pneumatique et hydraulique : méthode
Couper l'électricité d'une machine ne suffit pas toujours à la rendre sûre. Un vérin pneumatique peut encore bouger, un circuit hydraulique peut rester sous pression pendant des heures. La consignation pneumatique et hydraulique isole ces énergies, les verrouille et, surtout, les dissipe avant toute intervention. Voici la méthode et le matériel.
Pourquoi ces énergies sont piégeuses
Contrairement à l'électricité, l'énergie des fluides sous pression se stocke : dans un réservoir, un accumulateur, une portion de tuyauterie ou un vérin bloqué en position haute. Une machine à l'arrêt, sectionnée électriquement, peut donc encore provoquer :
- un mouvement brutal d'un vérin ou d'un outil ;
- le fouettement d'un flexible débranché sous pression ;
- une projection d'huile à haute pression, capable de pénétrer la peau ;
- la chute d'une charge maintenue par la pression (tablier, presse, plateau).
C'est pourquoi les guides de prévention, comme le guide INRS ED 6109 « Consignations et déconsignations », traitent toutes les énergies, pas seulement l'électricité. Voir aussi notre guide Lockout-Tagout (LOTO).
Consignation pneumatique (air comprimé)
Sur un réseau d'air comprimé, on isole la machine en fermant la vanne d'arrivée d'air (souvent une vanne quart de tour) ou en débranchant le raccord rapide d'alimentation. Dans les deux cas, il faut empêcher la remise en service :
- vanne d'arrivée : dispositif de condamnation de vanne quart de tour, cadenas et étiquette (voir comment condamner une vanne) ;
- raccord rapide débranché : dispositif qui enferme l'embout mâle et empêche de le rebrancher, comme le dispositif de consignation pour raccord pneumatique S3900.
Il faut ensuite purger l'air résiduel en aval (vanne de purge, échappement du distributeur) et vérifier au manomètre que la pression est nulle.
Consignation hydraulique
En hydraulique, la pompe est généralement arrêtée et consignée électriquement, mais cela ne suffit pas : les accumulateurs et les vérins conservent de la pression. La consignation hydraulique consiste à :
- condamner les vannes d'isolement du circuit ;
- décharger les accumulateurs selon la notice du fabricant ;
- mettre les charges en position basse ou les caler mécaniquement ;
- vérifier l'absence de pression au manomètre avant d'ouvrir un raccord.
La méthode en 6 étapes
- Recenser les sources d'énergie de la machine et leurs points d'isolement (fiche de consignation).
- Arrêter la machine normalement et prévenir les opérateurs.
- Isoler chaque source : électricité, air comprimé, hydraulique.
- Verrouiller et signaler chaque point avec un cadenas de consignation personnel et une étiquette.
- Dissiper les énergies résiduelles : purge, décharge des accumulateurs, calage des charges.
- Vérifier : manomètres à zéro, tentative de démarrage depuis les commandes, puis retour à l'arrêt.
Le matériel nécessaire
- Dispositifs de consignation de vanne, notamment quart de tour, pour les arrivées d'air et d'huile.
- Dispositif pour raccord pneumatique.
- Câbles de consignation pour les vannes difficiles d'accès.
- Cadenas personnels, moraillons et étiquettes.
- Pour les machines à multiples sources, un kit de consignation électrique et vanne.
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Pourquoi consigner l'énergie pneumatique ou hydraulique ?
Parce qu'elle se stocke : un vérin, un accumulateur ou une portion de tuyauterie peuvent rester sous pression après l'arrêt de la machine et provoquer un mouvement ou une projection pendant l'intervention.
Comment consigner une alimentation en air comprimé ?
On ferme et on condamne la vanne d'arrivée d'air, ou on débranche le raccord rapide et on l'enferme dans un dispositif de consignation pour raccord pneumatique. On purge ensuite l'air résiduel et on vérifie que la pression est nulle.
Que faire des accumulateurs hydrauliques ?
Ils doivent être déchargés selon la notice du fabricant, après condamnation des vannes d'isolement. Les charges sont mises en position basse ou calées, et l'absence de pression est vérifiée au manomètre.